La majorité des adolescents a tendance à se coucher tard
C’est une habitude qui peut conduire à des décalages pathologiques, on parle alors de syndrome de retard de phase du sommeil.
L’adolescent a un réel plaisir à commencer à vivre quand toute la famille est couchée. Il est tranquille, il peut faire ce qu’il veut.
Le sommeil est de structure normale mais décalé
Les horaires spontanés du sommeil sont tardifs. L’endormissement se fait toujours après 1h du matin, et le réveil à midi, parfois encore plus tard dans l’après midi. Le week-end, le sommeil se décale encore plus et le réveil tardif du dimanche contribue à renforcer les difficultés d’endormissement du dimanche soir.
En vacances, et en l’absence d’obligation de lever matinal, le sommeil se décale régulièrement et déborde dans l’après-midi mais sans grandes conséquences, car les besoins de sommeil sont respectés.
Tout se passe comme si les horloges internes qui régulent le sommeil étaient décalées
Des facteurs génétiques peuvent en partie expliquer cette prédisposition chez les gens du soir, mais ceux-ci ne représentent que 1 à 2 % de la population alors que le syndrome de retard de phase touche au moins 5% des adolescents.
D’autres facteurs expliquent donc le décalage, les plus importants sont des facteurs comportementaux. En effet le type d’activités pratiquées le soir peut avoir pour conséquence un décalage des horaires de sommeil. C’est le cas des activités sportives du soir, d’une exposition à une lumière forte ou soutenue (comme la lumière délivrée pendant des heures par un écran d’ordinateur), d’activités stimulantes comme des jeux vidéo ou ordinateur, de communication téléphoniques à des heures tardives, ou du travail scolaire fait juste avant d’aller se coucher.
Habituellement, ces adolescents supportent mal les hypnotiques. Ces derniers sont peu efficaces avec un effet qui s’épuise très vite en quelques jours. Cependant, chez certains, l’angoisse de ne pas dormir conduit à une augmentation des doses qui aboutit à une véritable toxicomanie aux hypnotiques.
Chez certains adolescents le fait de ne pas aller se coucher s’inscrit dans une véritable conduite d’opposition aux parents et à la société. Dans ce contexte difficile, l’adolescent sort de plus en plus tard, souvent plusieurs fois par semaine. Ses sorties tardives le confronte à un milieu dangereux, de copains à la dérive, de marginaux. Les parents débordés ne réagissent pas, ou tentent d’imposer maladroitement leur autorité ce qui exacerbe encore les conflits.
Les pathologies associées au syndrome de retard de phase sont fréquentes, en particulier l'anxiété et/ou la dépression qui existe dans 2/3 des cas.
Comment éviter que le décalage ne pose problème :
- Garder des horaires de lever réguliers
- Ne pas dormir au delà de 11 heures le week-end
-
Si vous sortez très tard, et que vous rentrez au petit matin, ne pas vous coucher, ou ne dormez que quelques heures
-
Favoriser tout ce qui est éveillant le matin : douche au lever, sport
-
Profiter de la lumière le matin
-
Préparer le coucher : arrêt de toute activité stimulante 2 h avant le coucher (en particulier arrêt de toute activité sur ordinateur), arrêt du téléphone, passer à des activités calmes (lecture, musique) |